Morceau de vie ….

Plutôt qu’un mail, je vous envoie un petit morceau de vie à vous tous qui me connaissez si bien. Le ton romancé en fera rire plus d’un c’est certain mais c’est aussi le but de vous faire sourire en vous faisant partager ça. Je ne suis pas un grand écrivain mais j’ai essayé de rendre ces quelques lignes aussi agréables que possible à lire. J’espère que vous prendrez autant de plaisir à les parcourir que moi à les écrire. En effet, même si la découverte et l’aventure sont prometteuses, l’éloignement n’en ai pas moins difficile … Bienvenue en Nouvelle Calédonie, dans le Pacific Sud.

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Je viens de vivre  une semaine  incroyable car elle marque un tournant dans ma vie, dans ma manière de voir les choses et de les penser. Une semaine remplie de surprise aussi bien au niveau de l’accueil, du boulot et de la vie sur place. Mon temps se résumera ici à une vie paradisiaque d’un coté remplie de sport et de découverte. De l’autre, une vie de galère comme on en voie uniquement dans les émissions comme « envoyé spécial » car Goro est une usine irréelle dans un endroit irréel. Comment des gens ont-ils pu construire une chose pareille dans un endroit pareil. Pour y bosser, deux possibilités, soit vous êtes âgés et expérimentés, dans ce cas le pognon d’expatrié (se qui n’est pas mon cas croyez moi comparé aux Australiens et Canadiens) et ses avantages vous font venir là. Soit vous êtes jeune, complètement fou et inconscient. C’est le cas de toute mon équipe, 6 garçons et filles, 28 ans de moyenne, un Marseillais, un Breton, une Guyanaise, une Tahitienne, un Calédonien venues chercher  je ne sais quoi, je ne sais où. Une équipe unis pour le pire et le meilleur pour une expérience hors du commun mais pleine de promesse. Ok, je suis Marseillais, je grossis un peu le tableau, mais la vérité n’est vraiment pas loin. J’étais venu chercher une expérience unique et nouvelle, et bien croyez moi, je suis servi au delà de toutes mes espérances pour le meilleur mais aussi … POUR  LE PIRE !!!

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 Je vais tenter de vous résumer ça, mais vous verrez très rapidement que je ne suis pas à plaindre, loin de la, car une fois mes 4 jours de brousse passés, le reste, ce n’est que du bonheur …..

« Salut Axelle  ? Fini de courir ? Une de mes colocatrices vient de rentrer, 25 ans, elle est Guyanaise, stagiaire également de l’école, j’aurais le temps de vous parler d’elle et de Marion, infirmière arrivée il y a 7 ans sur « la grande terre ». Il faudra aussi que je vous parle de Patrice et Julie et de leurs amis expatriés ou calédoniens tous danseurs d’exceptions, vous êtes sur une ile. Je ne vous ai pas encore présenté Guy, ce vieux brisquard à la barbe blanche connu ici comme un loup blanc par les passionnés de grimpe et de canioning. Il vit dans sur sa presque ile à l’écart de Nouméa depuis des années et fait partager sa passion à ceux qui sont prêt à l’écouter. C’est avec lui que je partirais dés ce weekend et dans quelques semaines au cœur du « caillou ». Comment je l’ai rencontré ? Je ne sais pas ! Le hasard l’a mis sur ma route, un sourire et une bonne poignée de main ont fait le reste. Il y a aussi ce bon vieux Nico, ami d’enfance que la vie viens de remettre sur ma route, ici, au bout du monde. Ils sont trop nombreux pour tous les présenter ….. À part peut être mon boss, Olivier, Calédonien de 37 ans, personnage atypique ancien de l’EMA,  passionné de bateau, de chasse, de pèche et de wakeboard. Il a misé sur cette jeune équipe du bout du monde pour l’épauler dans sa tache, lui qui était là au tout début alors que seul la foret primaire et les vielles mines de fer racontaient le Grand Sud.  Réussira-t-il son pari ? Avons-nous les épaules ? Je n’en sais rien, lui, il y croit dur comme fer.  C’est à nous d’écrire la suite maintenant, le travail est immense et difficile mais ce management de confiance  n’est pas pour me déplaire moi qui marche à l’émotif .Et après tout pourquoi pas, je suis là pour apprendre et me faire les dents, je suis là pour me prouver à 28 ans que je peux tout recommencer, trouver la vie dont j’ai toujours rêvée et je compte bien réussir  ….

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27/05/08

 

Un mail un peu moins marrant ….

 

….. Merci à tous pour vos mails, celui sur Frankie a suscité beaucoup de réaction, mon coup était réussi ….

 

Mais passons au plus important.

 

 J’avais pris l’habitude de vous faire rêver avec des images de rêves ou de vie, aujourd’hui il n’y aura rien de tout ça !

 

Vous le saviez tous avant que je parte, je ne l’avais pas caché,  je ne m’étendrais donc pas là-dessus très longtemps.

 

Il y a une semaine, je me suis entendu avec Goro Nickel et franchi le dernier pas qui me retenait encore à Marseille en envoyant ma lettre de démission au CEA.

Une lettre qui signifie mon engagement définitif en Calédonie.

 

Cette décision s’impose à moi naturellement, elle est la suite logique d’un long projet que j’ai commencé il y a 3 ans.

Je n’en dirais pas plus car c’est un geste qui signifie beaucoup pour moi, je garderais donc mes états d’âmes.

 

Je vous avez déjà fait mes au revoir, je ne vous infligerez pas ça à nouveau.

 

Je préfère tout simplement vous dire à bientôt mes amis ……..  Ici ou ailleurs …..   Quand  ……. Je ne sais pas ….     Mais à très bientôt

 

Amitiés,

 

Votre pote du bout du monde

Diffusé avec Autorisation
05/06/08

 

 

 

 

 

 

 

Comme vous le voyez les choses vont vite, très vite. Ici, je suis loin d’être seul, c’est une équipe même en dehors du boulot car à l’autre bout du monde, les expatriés se serrent les coudent, s’entraident et vous accueillent de la meilleure des façons. Ils ont tout quitté un jour et savent que rien n’est simple alors ils vous tendent les bras pour vous rendre se que d’autre un jour ont fait pour eux. Il  faudra que je m’habitue à ça, je reste méfiant mais ça à l’air sincère. Je n’ai rien fait de spécial, je le répète, il suffit d’un sourire et d’une main tendu, ils font le reste. Ici c’est aussi simple que ça …..

 

La Calédonie, ce n’est pas mieux ou plus beau que Marseille, ce n’est pas mieux que vous, ça ne me fera jamais oublié mes 28 années passé en France à vos cotés et l’amour de mon pays, ça ne le remplacera pas. C’est simplement un autre endroit, différent, avec ses forces et ses faiblesses. Ce n’est pas dit que ça me plaise à terme, c’est encore trop tôt, j’ai 6 mois pour me décider mais je ne me suis pas trompé en écoutant encore une fois mon instinct. Le jeu en vaut largement la chandelle !!!

Un petit mot sur Nouméa quand même. Un bord de mer somptueux qui cache tout de même une certaine pauvreté. La mangrove abrite de nombreux bidon ville tant la vie est chère. Les salaires permettent de vivre bien mieux qu’en France pour certaines professions. Vous pourrez vous y faire une vie très confortable et sans soucis mais  ne vous attendez pas à y engranger une fortune. Les disparités restent grandes mais les gens sont loin d’être malheureux. Nouméa reste tout de même une belle ville, très métissé bercée par les alizés. Je vais la comparer à la cote d’azur  en plus petit avec ses cocotiers, ses jolies filles, ses endroits à la mode. Ne rêvez pas, ici aussi la mondialisation à posé son empreinte, on y retrouve les mêmes vices qu’en métropole avec 20 ans de retards pour la délinquance se qui en fait un endroit sur. Une dernière chose, si vous n’aimez pas le sport, passez votre chemin, ce n’est pas pour vous. Les plages sont magnifiques mais majoritairement sur les ilots et rares. Sortie de là, il n’y a rien à part le bout du monde et l’aventure en 4*4 de Yaté à Koumac. La vie ne se passe ni devant une télévision ni devant une console de jeu, elle est dehors sous le soleil du Pacific. Par contre, adepte de plongée, planche à voile, kitesurf, grand espace et raid aventure, ne cherchez plus, venez me rejoindre, le paradis est ici.

 

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Voila, après une semaine remplie de boue, de terre rouge, de salsa, de soirée dans la baie des citrons, de mille rencontres et promesses je me prépare à la suite. Je dois faire mon sac, le 4*4 et les 90 Km de routes m’attendent demain à 4h pour rejoindre le chantier. Il nous faudra avec Axelle, Tanguy, Magalie et Sylvain reprendre cette route défoncé par les pluies, traverser les rivières de l’eau jusqu’aux portières et éviter les nids de poules qui ne cessent de changer de place, ici pas de twingo, seul les tous terrains passent. Ca tombe bien, Goro nous en fourni un, un vrai régal, comme à la télé mais pour de vrai, des gamins pourris gâtés. Il nous faudra ensuite gérer les problèmes sur ce chantier gargantuesque au milieu de ces 4 000 fadas et  leurs 25 nationalités. Ils sont tous là, des cowboys Australiens aux bon vieux québécois sans oublié les Kanaks, les Philippins tous plus petit les uns que les autres et les impressionnants Wallis pères des All Blacks. Jeudi soir, fini la galère,  direction la baie des tortues, les canions Calédoniens et mes premiers pas en KiteSurf …….. La suite plus tard, il y a trop à raconter …

Je vous dis à bientôt et qui sait, si je me décide à rester, j’espère un jour pouvoir vous faire vivre un peu de cette vie qui finalement n’a pas l’air si mal … vraiment pas si mal du tout….

Amitié

Ben du bout du monde